Tag Archives: mythe

Jackson POLLOCK : l’alcoolisme

19 Déc

JACKSON POLLOCK : L’ALCOOLISME
Le mot « alcool » vient de l’arabe Al Kuhl qui désigne la poudre d’antimoine, utilisée en alchimie (se rapproche de l’arsenic). Le mot a la même origine que le Köhl, maquillage qui rend les yeux brillants. Il s’agit donc d’un terme où se combinent le chimique et le magique, avec en arrière-plan du féminin.
Il s’agit essentiellement d’une forme d’appétence et de dépendance.

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La création littéraire

16 Jan

Picasso femme écrivant

Conférence du 9 décembre 2013

Séminaire « Approches psychanalytiques : Transmission, passe et impasse »

Institut Universitaire Européen Rachi à Troyes

LA CRÉATION LITTÉRAIRE

Argument :

Comment, pourquoi et pour qui écrit-on ?

Même si la capacité à créer reste pour Sigmund FREUD une énigme, l’artiste (et plus particulièrement l’écrivain), psychanalyste sans théorie et sans patient, utilise selon lui, une connaissance intuitive des formations de l’inconscient.

L’acte d’écriture permet donc d’avoir accès à l’inconscient, mais c’est dans sa transmission à la fois cathartique et heuristique, quand la singularité est assez authentique pour se hausser à l’universel, qu’il prend toute sa valeur.

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Croire au Père Noël ?

25 Déc

Temps_modernes_ 77_L66Dans un article paru dans la revue Les Temps Modernes en 1952, Claude LEVI-STRAUSS réagit à un fait divers passé au premier rang de l’actualité le 24 décembre 1951 : le père Noël a été pendu et brûlé sur le parvis de la cathédrale de Dijon devant 250 enfants…Il s’agissait pour les autorités ecclésiastiques d’un geste symbolique destiné à soutenir la fête anniversaire de la naissance du Christ contre un Père Noël « usurpateur et hérétique », idole païenne signe de l’américanisation croissante de notre société.

Claude LEVI-STRAUSS constate le divorce entre l’opinion publique et l’église que manifestent les réactions unanimes contre cette ‘ »exécution » spectaculaire. Il s’interroge sur la « croissance subite » de ce rite (voire de ce « culte ») dans la société française d’après guerre et en recherche les causes : quelles sont donc les raisons qui ont poussé les adultes à inventer le Père Noël ?

Si la figure du Père Noël vient des Etats-Unis, il serait trop simple selon Claude LEVI-STRAUSS, d’attribuer son expansion à l’américanisation de notre société car les milieux ouvriers les plus hostiles au « made in USA » ont adopté  le Père Noël aussi volontiers que les autres catégories sociales.

La coutume du Père Noël est récente mais elle est, dit-il, le plus moderne des avatars d’un rituel dont l’importance a fluctué dans l’histoire, de même que l’invention du « sapin de Noël » qui syncrétise différentes exigences ( arbre magique, feu, lumière durable, verdure persistante) ou la « bûche de Noël » (la bûche de Noël, devenue pâtisserie, était au Moyen Age un tronc suffisamment gros pour brûler toute la nuit).

Le Père Noël, être surnaturel immuable auquel ne croient que les petits enfants et qui a pour fonction de récompenser  ceux-ci lorsqu’ils sont gentils, se rattache, dit Claude LEVI-STRAUSS, à un ensemble de croyances universelles et de rites d’initiation, dont l’élément constant est que « la mort rôde ».

Le Père Noël et sa distribution de cadeaux au cœur  de l’hiver, tandis que la nature se dépouille, que le froid domine et que  la nuit menace le jour, symbolisent le triomphe de la vie sur l’anéantissement car après le « retour des morts  » de l’automne et leur menace, « à la Noël, les morts comblés de cadeaux quittent les vivants pour les laisser en paix jusqu’au prochain automne ».

C’est sur les enfants, nos « petits anges » que repose le poids de la croyance et la fonction d’intercession avec un monde surnaturel, irrationnel : comme nous ne pouvons « partager pleinement l’illusion […], entretenue chez d’autres, elle nous procure au moins l’occasion de nous réchauffer à la flamme allumée dans ces jeunes âmes. La croyance où nous gardons nos enfants que leurs jouets viennent de l’au-delà apporte un alibi au secret mouvement qui nous incite, en fait, à les offrir à l’au-delà sous prétexte de les donner aux enfants. Par ce moyen, les cadeaux de Noël restent un sacrifice véritable à la douceur de vivre, laquelle consiste d’abord à ne pas mourir ».

Pour lire l’article de claude LEVI-STRAUSS dans son intégralité :

http://classiques.uqac.ca/classiques/levi_strauss_claude/pere_noel_supplicie/pere_noel_supplicie_texte.html

Pere_noel

LE COMPLEXE D’OEDIPE

10 Fév

Oedipe et le Sphinx-1864 Gustave Moreau

LE COMPLEXE D’ŒDIPE

 

 

 

Si FREUD n’a jamais proposé d’exposé théorique systématique du complexe d’Œdipe, celui-ci s’impose néanmoins comme un concept central en Psychanalyse.

Le complexe d’Œdipe joue un rôle essentiel dans la structuration psychique de l’être humain, il est l’organisateur central autour duquel se structure l’identité sexuelle de l’individu.

Il est selon FREUD « le complexe nucléaire des névroses ».

Pour l’illustrer, FREUD a choisi le personnage de la tragédie de SOPHOCLE : Œdipe-Roi.

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ADOLESCENCE ET FANTASME D’IMMORTALITE

5 Fév

le-caravage-narcisse-1599Conférence du 31 janvier 2013

Médiathèque du Grand Troyes

Dans le cadre du cycle de conférences organisé par  l’Institut Universitaire Rachi et la Médiathèque du Grand Troyes :

« LES MÉTAMORPHOSES DE L’HOMME

ADOLESCENCE ET FANTASME D’IMMORTALITE

Une lecture pour introduire le sujet:
«Nous naissons, pour ainsi dire deux fois : l’une pour exister, l’autre pour vivre ; l’une pour l’espèce, et l’autre pour le sexe (…)
L’homme, en général, n’est pas fait pour rester toujours dans l’enfance. Il en sort au temps prescrit par la nature ; et ce moment de crise, bien qu’assez court, a de longues influences.

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OEDIPE

3 Jan

Oedipe et le Sphinx Quelques explications sur l’image qui illustre ce blog: Oedipe et le Sphinx.

Cette représentation  vient du Musée du Vatican (musée Étrusque, salle XIX).

Elle constitue le décor de  fond d’un kylix (vase peu profond et évasé utilisé comme coupe de libation lors des banquets dans la Grèce antique) qui date d’environ 480-470 av. J.C.

Elle représente la rencontre d’Oedipe avec le Sphinx.

Le mythe d’Oedipe:

Laïos, fils de Labdacos, avait épousé Jocaste et régnait à Athènes. Affligé de ne pas avoir d’enfant, il consulte l’Oracle de Delphes qui lui annonçe qu’un enfant né de Jocaste « tuera son père et épousera sa mère ». Laïos renvoit alors Jocaste sans explication. Celle-ci, mortifiée, l’enivre et l’attire dans sa couche, à la nuit tombée. Neuf mois plus tard, Jocaste met au monde un fils. Laïos  perçe les pieds de l’enfant d’un clou, les attache et fait exposer le bébé sur mont Cithéron.

Un berger  trouve l’enfant et le conduit à Corinthe où régne le roi Polybos. Polybos et son épouse Périboea qui déséspèrent d’avoir un héritier, s’attachent à l’enfant et lui donnent le nom d’ Oedipe (« celui qui a les pieds enflés ») du fait de sa blessure aux pieds. Ils l’élèvent comme leur fils sans lui révéler son origine.

Les années passent. Un jour, un Corinthien raille Oedipe, lui disant qu’il ne ressemble en rien à ses parents. Alarmé, Oedipe consulte la pythie de Delphes. Celle-ci lui répond avec horreur: « Va-t’-en, misérable, éloigne-toi de l’autel! Tu vas tuer ton père et épouser ta mère! ». Comme Oedipe aime tendrement ses parents et qu’il tremble à l’idée d’être cause d’un malheur, il décide de s’éloigner de Polybos et de Périboea et de ne jamais revenir à Corinthe.

Alors qu’il se trouve dans l’étroit défilé qui conduit de Delphes à Daulis, Oedipe, à pied,  croise Laïos, sur son char,  qui lui ordonne brutalement  de s’écarter et de lui laisser le passage. Une des roues du char écrase le pied d’Oedipe qui, fou de colère, jette  Laïos à terre. Pris dans les rênes et trainé sur la route, Laïos meurt.

Oedipe arrive à Thèbes où sévit un monstre sanguinaire, le Sphinx: corps de lion à tête de femme, queue de serpent et ailes d’aigle. Cette créature bloque l’accès à la ville, tuant et dévorant les voyageurs qui ne peuvent résoudre la devinette qu’elle leur pose: « peux-tu me nommer l’être unique qui marche à quatre pattes le matin, à deux le midi et à trois le soir? ». Oedipe répond sans hésiter que « c’est l’homme car il marche à quatre pattes quand il est enfant, sur deux pieds quand il est adulte et s’aide d’une canne quand il est vieux ». La sphinx, vaincue se jette du haut du mont Phicion et se fracasse au fond de la vallée. Les Thébains acclament Oedipe, le proclament Roi et lui donnent pour épouse Jocaste, veuve de Laïos.

Ils vivent heureux et des enfants naissent du couple incestueux: deux garçons (Etéocle et Polynice) et deux filles (Antigone et Ismène). Jusqu’au jour où  la peste s’abat sur Thèbes. L’oracle, de nouveau consulté, ordonne alors « chassez le meurtrier de Laïos! ». Oedipe  maudit le meutrier et le condamne à l’exil. Le devin aveugle Tirésias révèle la vérité, confimée par une lettre de  Périboea.  Jocaste se pend de honte et de douleur, Oedipe se crève les yeux avec l’épingle de la robe de la reine et renonce au trône.

Oedipe part sur les routes, conduit par la fidèle Antigone. Parvenu à Colonne, en Attique, dans le bois sacré où l’on vénère les Erinyes, il meurt. Purifié de son crime par Thésée qui l’enterre dans l’enceinte des Euménides à Athènes, sa sépulture reste un lieu sacré et bénéfique.