Introduction à la psychanalyse

4 Jan

Introduction à la Psychanalyse

 

Le terme de « psychanalyse »  est  familier, mais ce mot est le plus souvent employé de façon vague, parfois à mauvais escient. Je vois parfois des patients faire une demande de psychanalyse ou qui me disent en avoir déjà fait une et lorsque je les interroge sur la façon dont ils voient cette prise en charge ou la façon dont elle s’est passée auprès d’un confrère, ils me parlent d’une séance tous les mois durant quelques mois par exemple…

Quelle approche? Pour qui ?

On me demande souvent, lors d’une prise de rendez-vous par exemple, quelle est la différence entre un psychologue, un psychothérapeute ou un psychanalyste voire un psychiatre, et si la consultation est remboursée.

Le psychologue a suivi une formation universitaire en psychologie (Bac + 5) et a obtenu, au minimum, un diplôme universitaire de troisième cycle à visée professionnelle (DESS ou Master 2), il peut être Docteur en Psychologie ou avoir obtenu des Diplômes Universitaires (D.U.) complémentaires). Le titre de psychologue est un titre protégé  par la loi française depuis 1985. Il existe une obligation d’inscription pour tous les psychologues, sur les listes départementales, des personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue (répertoire ADELI acronyme des termes Automatisation Des Listes).

N’étant pas médecin, il ne peut  prescrire des médicaments ou des examens complémentaires.

Certaines mutuelles ou assurances prennent  actuellement en charge une partie du coût des séances ou un certain nombre de séances dans l’année. Il existe également des conventions passées entre le psychologue et certains organismes sociaux.

Certains psychologues proposent des psychothérapies selon leur orientation (Psychanalyse en ce qui me concerne, les thérapies proposées sont donc de type verbal).

Le psychothérapeute s’est formé à une technique de psychothérapie (approche verbale, cognitive, comportementale, hypnose, PLN, art-thérapie ou autre). Depuis 2010, le titre de psychothérapeute est un titre également protégé, soumis à l’obtention de diplômes universitaires et à la justification d’une réelle formation à la fois théorique et pratique. Le psychothérapeute est dans l’obligation de faire enregistrer ses titres sur le répertoire ADELI de son département.

Le psychiatre est un médecin spécialiste des maladies psychiques. Il peut donc prescrire des médicaments ou des examens complémentaires et hospitaliser. Ses consultations sont prises en charge par la sécurité sociale.

Certains psychiatres peuvent pratiquer des psychothérapies voire la psychanalyse. Dans ce cas, les séances sont théoriquement à la charge des patients.

La Psychanalyse, champ théorique et clinique inauguré par FREUD, est une approche psychothérapique spécifique.

Le psychanalyste peut être psychologue ou  psychiatre ou n’avoir aucune formation universitaire, mais il a suivi une formation théorique (théorie de FREUD, LACAN ou JUNG) et il a  lui-même suivi une longue psychanalyse personnelle voire plusieurs ainsi qu’une supervision de sa pratique. Il continue, le plus souvent, à étudier et travailler sa pratique, auprès de ses pairs dans une association. Ni le titre ni l’exercice de la psychanalyse ne sont actuellement contrôlés en France.

« La » Psychanalyse

On parle en général de  « la » psychanalyse, or il n’y a pas une psychanalyse mais des psychanalyses et des psychanalystes.

La psychanalyse tire en effet son unité de l’inventeur de ce néologisme (en 1896) : Sigmund FREUD. Elle reste étroitement liée à son fondateur car elle a été à l’origine, la création d’un seul homme et elle a constitué pour cet homme l’œuvre d’une vie entière. Elle est liée à son nom au point que l’expression « psychanalyse freudienne » prend l’allure d’un pléonasme.

La psychanalyse recouvre à la fois un ensemble théorique, une nouvelle compréhension du psychisme humain, et une méthode, une pratique, une nouvelle forme d’action thérapeutique qui découle de ce champ théorique.

Freud a été son premier sujet d’observation, c’est dans son auto-analyse qu’il a trouvé le matériau de ses textes fondateurs. En observant et en interprétant ses propres rêves, en reconnaissant et en identifiant en lui-même ce qu’il identifie comme le « complexe d’Œdipe », il déduit ses premières théories novatrices.

Mais le travail fondateur de FREUD ne s’est pas imposé d’emblée, il est le fruit d’interrogations, de reprises, de remaniements, des différents concepts, d’approches diverses selon ses préoccupations culturelles.

De plus, le développement de la psychanalyse ne s’est pas arrêté à la personne de FREUD de son vivant même, avec des dissidences, des scissions dès la création de l’Association Psychanalytique International en 1910.

Ainsi, des personnalités comme Alfred ADLER puis Carl JUNG (Président de l’Association Psychanalytique Internationale en 1910) se placèrent très tôt hors du courant psychanalytique, en refusant le rôle de la sexualité dans la genèse des troubles névrotiques, concept dont nous verrons qu’il a été posé par FREUD comme un acquis inaliénable.

Otto RANK fera dissidence plus tard ou Sandor FERENCZI qui a participé à l’édification de la psychanalyse par sa longue et fructueuse collaboration avec FREUD (et dans la lignée duquel s’inscriront les travaux de Mélanie KLEIN dont l’œuvre théorique et la pratique thérapeutique constituent une contribution majeure dans l’histoire de la psychanalyse). Toutes ces  ruptures resteront une constante dans l’histoire de la psychanalyse.

Le développement de la psychanalyse ne s’est pas non plus arrêté à la  mort de son père fondateur : il s’est poursuivi et se poursuit encore. Les dissensions furent l’occasion de polémiques parfois vives, mais aussi d’apports nouveaux et marquèrent le passage progressif d’une théorie et d’une pratique unifiée, au pluralisme actuel.

Ces pratiques conservent néanmoins un « langage commun », ce savoir issu de  FREUD auquel beaucoup ont contribué.  Il est donc important de savoir d’où viennent ces pratiques, d’autant plus que les moments innovateurs de l’histoire de la psychanalyse se sont souvent réclamés d’un retour à la source : le travail de Jacques LACAN est, à cet égard, exemplaire ; LACAN prônait en effet une relecture de FREUD, un « retour à FREUD » par-delà les oublis, les dérives qui ont travaillé le champ de la psychanalyse,  afin d’en ressaisir les vérités fondamentales, parce que « FREUD a ouvert une voie à laquelle les novateurs sont contraints de se référer » (Julia KRISTEVA, Les nouvelles maladies de l’âme, Le Livre de Poche, coll. « Biblio-essais, 1997, p.51).

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